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Les tribulations d'Éric Dubois. Journal de poésie.

POEMES INEDITS DE MATTHIEU GOSZTOLA

19 Février 2010, 17:38pm

Publié par ERIC DUBOIS



Ce matin
Ecrasant la pelure d’un oignon

Le sentiment de distraire
L’ordre des choses

*

L’instant est commun :

Un clarinettiste à la fenêtre
Tire sur la jupe du réel

*

Je pose une craie sur la feuille –
Un rectangle de mon visage a disparu

*

Un parapluie noir
Ouvert sur la table

Dehors
Ma langue dans ta bouche

*

Le nuage de lait sur ton sourire
Semble confirmer la présence d’un lac

*

Ta main mouillée caresse
L’argile

Tu cherches à tâtons
Un début d’angle

*

Toi qui traverses l’instant qui me traverse

*

Dans l’ombre de mon poignet
J’agrandis la patience

*

« Seuls nos yeux n’ont pas été fabriqués »

Dis-tu en caressant le silence
Au bout de sa corde usée

*

Tu croises les doigts
Au-dessus de ta bague

Un coquillage fendu en son centre

Ton bracelet
Couleur du mur
Casse l’équilibre

*

Il t’arrive de manger des prunes bleues
Puis d’oublier leur couleur

*

Je décolle avec soin la peau des miroirs

1) Distribuer les cartes
2) Percer les pupilles
3) Recueillir la lumière dans un cendrier »

*

Croiser les jambes

Si la mort vient frapper à la fenêtre
Avec son œil de verre

*

L’ombre se découpe

Etre fidèle
À l’espace qu’on copie ?


L’herbe croît dans le dessin :
Insomnie

*

Rendant rêche un côté de la chaise
J’invente un sexe à ton souvenir

*

Les mâchoires du chien
Epuisent les cris de l’enfant

Mordu
Jusqu’au bleu
Du sang

*

Le pêcher en fleurs : être présenté au vent

*

Fantôme dans son manteau noir
Seule la main qui tient le sexe
Est visible

La lune rehausse le sol
Toute l’attention se porte sur les chemins

*


Sous la pression du regard
La page du ciel glisse

*

La lanterne posée sur un pli du ciel
Rassemble les éclats

*

Un mourant :

« Où jeter mon âme ?
Partout des grillages de fleurs »

*

Un mur blanc
L’œil rouge du grillon

L’éclipse n’a pas lieu

*

Le printemps épelle la neige et
Ce faisant
L’oublie

*

Le parfum des fleurs rend
La tristesse inconfortable

*

Souris et écoute
La pluie de terre
Imprégner
Un à un
Les coussinets de ta chair

Faire de ton corps
Un instrument de silence

*

Une vieille ville

Les roues d’un vélo
Froissant le creux des pierres

*

La mort ne garde rien pour elle :

Elle souffle les sourires des morts
Dans la bouche des enfants

*

J’appuie sur mes pensées
Pour que ton visage
En moi
Change de place

*

À ta mort
Le poème a eu un mouvement de recul

*

À présent

Tu cherches dans le sable
L’inclinaison secrète du réverbère

*

L’absence des oiseaux
Rend ton corps friable

*

Le revers des rêves :

Tu es
Ce que tu ne peux pas dire





MATTHIEU GOSZTOLA

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Victordali 23/02/2011 13:26



De superbes images !


Merci pour ce partage.