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Les tribulations d'Éric Dubois- Journal.

POEMES INEDITS D'UMAR TIMOL

14 Janvier 2010, 10:42am

Publié par ERIC DUBOIS

mystique

 


      Je l'aime parce qu'elle existe,
      Je ne souhaite rien, je ne désire rien,
      Il me suffit sa présence
      Et je crois qu'elle est comme une lumière bleue,
      Qui toujours s'étend en moi,
      Qui entrouvre de nouvelles terres, qui cisèle la dérive d'autres archipels,
      Ou est-elle la foudre ou l'étreinte d'un crépuscule las,
      Je ne sais trop
      Mais elle est en moi, nichée au creux de mes minuits
      Et je vais sans doute cheminer sur ses pas,
      Puis-je faire autrement,
      Glaner, ici et là, ses sédiments,
      Procéder à l'inventaire de ses chutes et de ses envols,
      Faire œuvre de témoin, de ses pactes et de ses absences
      Et parfois m'enliser dans la fange
      Car un rêve ne peut trop longtemps demeurer impuni
      Mais il m'importe peu
      Elle m'a élu et m'a gracié
      Et je ne requiers rien,
      Ni même l'aumône d'un regard,
      D'un seul
      Il me suffit sa présence.

 

 

 **********

 

Sentiment parfois de l'étrange


      Sentiment parfois de l'étrange.
      De naître, au réveil, à la vie.
      De découvrir l'être et le monde pour la première fois. Comme un enfant
      qui émerge de l'entredire de la nuit pour renouveler le pacte des
      splendeurs et des épouvantes de l'inconnu.
      Sentiment parfois de l'étrange.
      Ainsi être dans l'observance de sa chair, sa peau, ses mains, ses
      ligaments, ce lieu, de nuances et d'excès, qui scelle les aléas de la
      conscience.
      Sentiment parfois de l'étrange.
      Procéder à l'énigme de l'autre.
      D'où vient donc le désir, entre révulsion et fascination, quels sont
      donc ces liens, puisés dans la demeure de l'invisible, qui nous
      unissent et nous désavouent ?
      Pourquoi est-ce que l'autre nous est nécessaire et nous renvoie,
      presque toujours, aux enfers ?
      Sentiment parfois de l'étrange.
      D'être d'un autre temps, d'un autre langage, d'un autre savoir.
      Paradoxe du réel, son intensité absolue, - la densité de la matière,
      le canevas des couleurs, l'irraisonné de la souffrance -, et son
      caractère irrémédiablement illusoire.
      Rien n'est vrai mais tout existe, tout doit exister.
      Sentiment parfois de l'étrange.
      Entrer en musique, entrer en lecture, entrer en désir, boire à grandes
      goulées les velléités de l'euphorie, instruire la contemplation, corps
      à la dérive des infinis et savoir pourtant que la trace extrême sera
      celle du tombeau.
      Quel est donc cet arbitraire qui orchestre la jouissance et nous
      sentence aux geôles de l'ossuaire ?
      Sentiment de l'étrange. Parfois.
      Et sans doute le poème est
      pour désemparer ta folie et assermenter ses vœux.

 

UMAR TIMOL

 

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