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Les tribulations d'Éric Dubois- Journal.

LA POESIE AU POUVOIR PAR EMMANUEL BERLAND

17 Janvier 2011, 13:56pm

Publié par ERIC DUBOIS

 


 

 

Et si en 2012, les poètes prenaient le pouvoir ? Si notre pays puisait dans leur parole enfin audible, une vigueur et une envie d’agir nouvelles. Plus qu’une réflexion, Emmanuel Berland, dont le roman "L’utopie des Oiseaux" vient de paraître aux éditions de L’Harmattan, sème quelques jalons dans la (pré)campagne...

 

 

Le siècle est poétique, mais il ne le sait pas encore. Nous, certains poètes, voulons infléchir son cours.

 

Ce pays est poétique, mais il ne le sait pas toujours. Ou bien il fait semblant de l’ignorer.

 

Nous l’arpentons, nous le quittons. Nous y travaillons, y réfléchissons. Nous sommes en mouvement pour rester en vie.

 

Il est temps pour nous et pour tous les peuples de porter l’imagination, la justice et la création, c'est-à-dire la poésie, au pouvoir.

 

C’est notre voie courageuse, originale et lucide.

 

Ni d’emblée à droite, ni au centre, ni à gauche, mais parmi tous, partout, maintenant pour après, au-dessus.

 

Sur la planète, il faut accepter de se métamorphoser en privilégiant partout l’humain.

 

La pensée politique qui ne privilégie pas l’humain, qui n’en fait pas sa grille de lecture est condamnée.

 

Les promesses n’ont pas été tenues, car ceux qui promettaient n’avaient rien fait auparavant, rien créé ni résolu. Elus, ils ont continué à faire campagne, à préparer leur réélection personnelle sans agir pour le bien commun.

 

Secrètement ou ouvertement, beaucoup méprisent le peuple.

 

La plupart méprisent les poètes, et les artistes en général.

 

Réapproprions-nous le vote, le verbe, la victoire : nos trois V.

 

Nous voterons pour ceux qui ont déjà résolu quelque chose.

 

Et si aucun des candidats ne mérite notre confiance, si tous les bulletins sont pipés, nous voterons pour nous !

 

Cela ne veut pas dire que nous nous portons d’ores et déjà candidats.

 

Cela veut dire que nous réfléchissons aux mesures justes, efficaces et de bon sens qui peuvent être prises dans les 100 premiers jours d’une mandature.

 

Nous revendiquons le droit de collecter les meilleures pratiques, suivre les meilleures préconisations.

 

Remplacer les discours par de la création. Vérifier sa légitimité démocratique. Faire voter souvent, régulièrement, sur des sujets, et non pour des partis.

 

En priorité, il faut redessiner, clarifier, rendre équitable le maillage administratif.

 

Le territoire de ce pays, brouillé d’empilements contradictoires, est mal géré. Très peu de bon sens, peu de métamorphoses utiles, peu d’équité, aucune clarté.

 

Beaucoup de décisionnaires, peu de décisions.

 

Des milliers de communes, un découpage obsolète, absurde et inefficace. Des départements, des régions, des conglomérats.

 

Une dette pléthorique, une fiscalité injuste et incompréhensible.

 

Le cadre de vie rarement pris en compte.

 

Il faut raser certains quartiers, où peine la civilisation, en construire d’autres, espacés, vivants, actifs, reliés entre eux par des transports confortables et gratuits.

 

Tous les transports confortables et gratuits.

Une ou plusieurs villes nouvelles, espacées sur le territoire.

 

Il faut rétablir non pas l’ordre républicain, mais le bon sens civilisationnel.

 

N’accepter aucune injustice, aucun passe-droit, aucune forme de violence.

 

Réprimer la violence.

 

Rendre l’instruction obligatoire. Construire de petites écoles, des lycées de taille moyenne, de grandes universités.

 

Former les populations au double emploi. Enseigner l'entrepreneuriat. Elargir le champ des pratiques artistiques.

 

Pour la planète, nous voulons voir se transformer la France en usine écologique.

 

Nous voulons travailler et voir travailler. Produire et être produits.

 

Nous devons encourager la culture en créant des scènes, des salles, des galeries, des Maisons des Arts et de la Poésie.

 

Abonder sans cesse la recherche scientifique.

 

Il y a tant de choses à proposer, tant de possibles, tant d’actions à mener de front…

 

Cette époque, de 2012 à 2020, a besoin d’hommes et de femmes hors du commun, gens de culture, gens d’action à la fois réalistes et visionnaires, qui ne se contenteront pas de faire rêver benoîtement les foules, mais seront des gestionnaires rigoureux, des utopistes pragmatiques, des politiques au sens noble, attachés à la liberté et au bonheur du plus grand nombre.

 

Emmanuel Berland, janvier 2011.

 

 

 

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Emmanuel Berland, poète et romancier né en 1957 à Nogent-sur-Marne, auteur de nombreux ouvrages, dirige le collectif d’auteurs et d’artistes Hélices (site helices.fr).

• Nu et son fantôme, Hélices, 2006.

• Ecorce visionnaire, Donner à voir, 2009.

• Dans la cabane du philosophe, L’Harmattan, 2009.

• L’Utopie des Oiseaux, L’Harmattan, 2010.

 

 

 

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