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Les tribulations d'Éric Dubois- Journal.

FREDERIC HUET DEVIENDRA-T-IL CELEBRE ?

23 Novembre 2009, 07:51am

Publié par ERIC DUBOIS



 

 


Comment un auteur méconnu, qui n'a pas de relations dans le milieu de l'édition, provincial et Rmiste peut-il se faire connaître? Comment un auteur peut-il faire la promotion de son deuxième roman ( le premier roman édité il y a dix ans), parmi plus de 400 romans Français ( et plus de 200 étrangers) en cette rentrée d'automne? Comment attirer l'attention, susciter l'intérêt et essayer de créer le buzz, comme on dit? Frédéric Huet a peut-être trouvé un début de réponse, en intitulant son livre « Ma vie ratée d'Amélie Nothomb » ( publié chez Anabet )et en parsemant sur le Net des vidéos bricolées par ses soins, où il se met en scène déguisé en Amélie, justement.


J'ai lu avec soin le livre de Frédéric Huet, ce journal intime d'un auteur qui veut sortir de l'obscurité de l'anonymat, trash et décalé, cynique et amusant, blasé et pratiquant l'auto-dérision dans la littérature et le sexe sans sentiment, semble-t-il. C'est entre le livre porno Gay

et le journal intime d'un Rastignac contemporain et comme sans espoir parce que le Marketing touche en profondeur la Littérature contemporaine, que l'image fait vendre plus les écrivains que leurs mots ou bien des extraits de leurs oeuvres et qu'il faut être dans l'air du temps ( Christine Angot, Frédéric Beigbeder, Anna Gavalda …) et « bon client » dans les talk-shows à la télé et dans les journaux people.


A la lecture de « Ma vie ratée d'Amélie Nothomb » au-delà de la fascination-haine qu'exerce l'auteur de « Hygiène de l'assassin » et de « Stupeur et tremblements » sur Frédéric Huet, on peut se demander si ce dernier n'aimerait pas finalement connaître le même destin littéraire à force d'être obsédé jalousement par son parcours. Cela fait partie de nos moeurs contemporaines, ce besoin de « reconnaissance » très bien analysé par ailleurs dans le livre de David Réguer « Tout sauf anonyme »*. Faut-il le succès en terme de ventes ou bien le succès d'estime ( ou succès critique) ? Faut-il être mal et vite lu par le plus grand nombre ( Marc Lévy) ou bien mieux lu par moins de gens ( Pierre Michon) ? Ne parlons pas des poètes qui eux sont confinés dans un ghetto culturel et universitaire...Et combien de succès éphémères qui ne passeront pas à la postérité? Notre époque n'a certes pas inventé la gloire jetable mais a bien hissé la notion de « Célébrité » au rang des valeurs comme le travail, la famille...Et c'est peut-être dommage...







ERIC DUBOIS


 


* éditions Anabet





Une vidéo de Frédéric Huet

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André Chenet 23/11/2009 21:06


Très pertinent ton article, cher Eric. Cette fois-ci j'aime comme on dit sur Facebook. Cependant ne comparons pas les poètes à un Ouélbec (qui a par ailleurs a publié un recueil anodin de poésie),
ni à un Buèguebegueur, plus mondain que lui tu meurs... Rimbaud fut un presque-parfait anonyme en son temps, Baudelaire sentait le soufre et l'excommunication, quant à Villon il vivait la corde au
cou. Tout ça pour dire que je préfère Eric Dubois à tous ces vaniteux et prétentieux boursicoteurs de la littérature. Tout ce que je souhaite c'est que, lorsque tu seras connu, tu restes à l'écart
de toutes ces parodies médiatiques sans révolte. Comment avoir du succès sans passer par le tintamarre médiatique? Michon serait une des bonnes réponses possibles. Je te salue bien toi le poète le
plus têtu qui soit sur l'internet (sans aucune perfidie de ma part). Porte-toi bien et merci beaucoup pour cette vidéo qui m'a vraiment plié en deux.