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Les tribulations d'Éric Dubois- Journal.

POEMES DE CATHERINE ANDRIEU

8 Octobre 2009, 12:50pm

Publié par ERIC DUBOIS

 

Ton indifférence et mon visage d’oiseau

 

 

 

 

Je t’ai rencontré et tu étais un pays lointain.

J’ai vu en rêve tes enfants aux yeux bridés. Les miens.

Je contemplais des images de moi dans le mur fissuré qui nous servait de lit.

Le mur était la maison.

La maison était en lames de rasoir je la tenais sur mes deux poignets serrés.

 

J’ai perdu beaucoup de sang à espérer un tintement d’ange qui n’est jamais venu.

Toi debout sur la serrure, bien à l’abri sur la pointe des pieds tu riais comme un Enfant espiègle.

 

« Ce n’est pas toi que j’aime, ce n’est pas toi parce que… », Tu chantais.

 

Je sais pourquoi.

 

Parce que je suis trop laide et tu aimais mon corps, ce corps que tu baisais de poussière de plumes.

Parce que je suis trop vide et tu aimais mon art, ce corps qui est le tien et que J’avais réinventé dans ma peinture.

Parce que je suis trop bête et tu aimais mes silences, tous ces bavardages inutiles Tus entre nous.

 

Pourquoi ne m’aimais-tu donc pas ?

Parce que tu ne m’aimais pas.

Parce que ce n’était pas moi.

 

Mais une autre, tenant la lame contre mes veines. Elle, qui n’existait pas, tu L’aimais.

 

Plus belle.

Moins vide.

Moins bête.

 

Moins réelle.

 

La tristesse me donne un visage d’oiseau.

 

Alors tout est terminé entre nous.

 

Parce que tu es trop laid et que je dois réinventer ton corps.

Parce que tu es trop vide et que je passe mon temps à suivre mon étoile au sol Pour m’étourdir, me noyer de lumière.

Parce que tu es trop bête et que chaque jour j’agrandis le mur-silence de notre Maison.

Parce que je t’aime trop.

 

Je t’aime tellement que je l’aime elle aussi, qui n’existe pas et tient les lames.

Je voudrais te voir lui faire l’amour sur le mur de la maison, entre les lames.

 

J’imaginerais que c’est moi que tu prends dans la poussière de mer

 

De merde.

 

Mon imagination, c’est bien tout ce qui me reste puisque tu as tout pris.

 

Et ces quelques mots d’adieu.

 

La maison qui saigne entre les pavés disjoints du mur.

 

Ta maison, tes enfants, ta vie…

 

Moi, c'est-à-dire rien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*****

 

 

Noël

 

 

 

Avez-vous mangé du foie, de la langue

Du poumon, comme de tous ces mets qui rendent la carcasse

Tellement musicale ? Prêtre des grands organismes, avez-vous

Bu les eaux d’assez de viols pour susciter la Naissance

De l’œil crevé, là-haut, se déployant comme la multiplication

Des enfants-guenons, le souffle court, la morsure vive

Sous la plume de l’horizon ?

 

Moi, j’ai la solitude de ceux dont le corps passe rapidement d’une cervelle

A une autre : Ma symétrie est renversée.

 

Puissiez-vous provoquer bien d’autres noëls encore, le cœur liquide.

 

 

 

 

 


 

 

 

CATHERINE ANDRIEU

 

Son site :

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