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Les tribulations d'Éric Dubois. Journal de poésie.

AUTEUR BANLIEUSARD VEUT MONTER A PARIS

3 Octobre 2009, 15:28pm

Publié par ERIC DUBOIS


 

 

Comment un auteur banlieusard, comme moi, peut-il monter à Paris? Comment un auteur banlieusard, comme moi, qui n'habite donc pas le VI ème et qui ne connait pas les journalistes qui comptent et qui officient à Télérama, Nouvel Obs ou Lire, et qui ne connait pas non plus le milieu éditorial, peut-il monter à Paris? Comment un auteur banlieusard, comme moi, banal somme toute, qui n'est pas né une cuiller en or dans la bouche, fils d'un peintre en bâtiment et d'une fonctionnaire, vivant dans un quartier populaire, peut-il espérer un jour se faire connaître? Comment un auteur, qui écrit des poèmes, des textes pas toujours faciles d'accès , peut-il se faire connaître en dehors de quelques chapelles et de quelques poètes connus , toucher le grand public?

Ce sera de toute manière très difficile pour lui de monter à Paris, comme on dit. Même si l'envie lui prend d'écrire des récits , des romans, abandonnant pour un moment, la poésie, ce genre mal aimé des médias, rien ne dit que malgré un talent certain et du travail surtout, il puisse enfin connaître même un début de consécration...

Pourquoi? Parce que tout est marketé ou presque. Parce que si l'auteur, en question, est bedonnant, grisonnant et monsieur Tout le Monde, s'il offre une image trop lisse de lui-même sans look apparent et étudié, il n'aura aucune chance qu'on le remarque. On attend désormais d'un auteur qu'il soit « bon client » comme on dit, dans les shows télévisés, qu'il soit faussement « parano » comme Christine Angot, faussement « schizo » comme Amélie Nothomb, qu'il soit faussement « nonchalant » comme Yann Moix ou bien qu'il tienne des propos avinés sur l'état du monde.

L'auteur doit être « branché », « branchouille »,  « provoc », « marginal »...

Alors que faire? La chance? Les relations? Je n'ai pas de réponse à donner. On peut me rétorquer qu'on peut écrire et publier des livres, dans l'obscurité, à partir du moment que

l'auteur a quelques milliers de lecteurs fidèles. Ces gens qui disent cela ont sans doute raison.

Les gloires sont éphémères et ne passent pas toujours à la postérité, seul le temps est juge des œuvres.

C'est sûr! Tous les ans, des auteurs inconnus et talentueux passent à la trappe de l'histoire littéraire, par la faute des médias et remplissent les bennes du pilon.

La littérature est un immense charnier.






ERIC DUBOIS

 

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