Les tribulations d'Éric Dubois.

POEMES

2 Mai 2020, 17:18pm

Publié par Les Tribulations d'Eric Dubois

 

 

Les mouvements

dans les mouvements

 

à l'ensemble

 

Les jours jouxtant les nuits

l'oeil acéré par les limbes

 

 

Pourquoi ces cris et ces tremblements ?

 

 

L'heure est à la venue du monde

à la naissance de l'univers

 

 

La clé est derrière la porte

le hasard est un Vénérable

 

 

Les mots dessinent des paysages

les temps morts suspendent l'élan

 

 

Chaque pas détermine la route

les obstacles et les rencontres

 

 

 

 

Novembre 2012

 

 

***

 

 

 

Pourquoi la formule?

 

 

Dans l'éblouissement de l'écho

à quelques pas du silence

 

 

Sans que l'esprit en cherche

le chemin

 

Pourquoi l'espace?

 

Les yeux qui s'attardent

sur les étoiles

 

Comme on pose une main

sur une table pour pouvoir parler

 

 

Toutes ces questions

semblent valider l'anonyme

 

Quand le langage tourne sur lui-même

toupie des sens dans l'axe des mots

 

 

On interroge toujours quelqu'un

pour quelque chose

 

Les murs blancs de la parole

ceignent toujours  les éclats de voix

 

 

Dans le sang des murmures

 

 

 

Décembre 2012

 

 

***

 

 

Le ciel dans les mains

plonge

 

Dans la langue

temporise

 

Quand le sens exalte

 

Il faut chasser la brume

et l'obscurité

 

Tenir la parole

 

Retenir à soi

toute résistance

 

Les mots sont les

abeilles

 

Dont la ruche

est le langage

 

 

 

Janvier 2013

 

 

***

 

 

 

Il y a le partage du sel

dans la brisure

 

Le silence du dire

et le vide qui prépare

 

Chaque défi est un proverbe

une habitude

 

Le nombre

 

On range l'instant

dans des tiroirs secrets

 

L'inertie dans l'ordre

des choses

 

On se souvient de la poussière

 

 

 

 

Février 2013

 

 

***

 

La mémoire

tu t'en bats les couilles

 

Traînée ! Soleil !

 

Cache-misère!

 

Tu veux lui dire merde

une fois pour toutes

 

 

La mémoire a la schneck

qui travaille

 

 

Elle te pompe le dard

elle te tue

 

 

Dans le vocabulaire courant

c'est une chieuse

 

Tu partages

ses éclats ses écarts

 

 

Tu veux l'oublier

 

On ne défait pas

des liens inaltérables

 

On les invoque

 

 

Mars 2013

 

 

 

 

***

 

Nous transitons dans l'après-nuit

dans les plaintes de l'abat-jour

 

 

Avec les regard obscurs des oiseaux

l'invention du verbe et la sédimentation

 

 

Quelque chose de la cloche fêlée

perce la lumière chantre du possible

 

Un caillou intrus dans le fond

de la chaussure sur le trottoir

 

 

Nous dominons la vue le large spectre

il faut déplacer les pions

 

 

Et continuer à dire ce qui déjà a été dit

 

 

 

Avril 2013

 

 

***

 

 

 

Loin des mots et loin des cicatrices

loin du ciel et près du feu

 

La peau nue semble trembler

sur les os

 

C'est de la chair remplie de sang

d'un mouvement lent

 

Ma bite pénètre lentement son trou

 

Elle est sans visage là c'est l'oubli

tandis que sa langue parle une langue sacrée

 

Elle est rupture

la peau parfumée de ma salive

 

Je ne vois pas ses yeux je vois sa peau luire

le sperme gicle l'émotion

 

Dans son fourreau de latex

brève rencontre prudente

 

Puis après débander

parler encore de la monotonie des jours

 

 

 

Mai 2013

 

 

****

 

Nous sommes les poèmes du temps, les mots du ciel, les cris de la pluie, les silences du soleil, les larmes et les rires de l'orage.

 

Nous vivons des hypothèses et des sempiternelles questions. Nous sommes des pièges dans une histoire à écrire toujours.

 

Je suis le poème qu'on oublie.

 

La soif du ciel est l'avatar suprême.

 

 

On parle toujours de quelque chose sans parfois en dire davantage.  Les mots forment la réalité. La charpente du temps soutient le poids des pensées.

 

Navigue toujours à vue et n'épargne pas les récifs.

 

Chaque corps obéit au magnétisme des temps.

 

 

Le bruit du monde est pour mes oreilles une chanson familière.

 

La pierre du langage fonde le désir.

 

Le mot est peut-être une caméra.

 

L'oeil exercé sait avant tout.

 

Il y a quelque chose.

 

Il y a quelqu'un.

 

Les cendres remuées emplissent les voix seules.  La trajectoire fait l'existence.

 

 

 

 

 

Novembre 2013

 

 

***

 

Qui allume les bouches voraces?

le spectacle de la chute?

 

 

La mort anonyme?

l'écran remplit des vides

 

 

Le silence est arbitraire

et cherche son écho

 

 

Dans les icônes

et les représentations

 

Transition vers l'oubli

vers la vie ordinaire

 

 

La jeunesse se fige

image de l'éternité

 

 

 

 

Mai 2014

 

***

 

 

Poète par essence. Toujours dire. Fuir le conformisme ambiant. Fuir et retrouver la vie. Ne pas accepter la fatalité du fait, l'obscurcissement.

 

Poète par présence. Toujours dire. Dire l'acceptation. Dire le refus. Le refus de toute obédience.

Le refus de tout dogmatisme qui prive l'homme de sa liberté.

 

Poète par refus. Refus des contingences du réel. Refus de la violence. Refus du diktat. Refus.

 

Poète sans " " et sans majuscule. Sans mise en avant ostentatoire.

 

Ecrivain plutôt que poète. Refus des étiquettes.

 

Ecrivant plutôt qu'écrivain.

 

Ecrivant.

 

 

 

Août 2014

 

 

***

 

Toujours en marche

l'ordinaire se présente

 

Souffrance indicible

 

 

 

 Perdre les pas

les tutoyer

 

Dans la précipitation des nuits

 

 

Il y a ce que le désir octroie

par l'ineffable

 

Effacement des amours

 

 

Août 2014

 

 

 

***

 

 

Tout geste est précaire

 dans l'impossibilité de comprendre

 

 

Toute issue est corde sensible

 

 

L'eau de la mémoire

se souvient

 

 

Quand la mort regarde droit

dans les yeux

 

 

Quant au silence sur la dune

il est principe du vent

 

 

Rêves des étoiles accrochés

aux maisons lentes

 

 

Les mouvements du monde

déplacent les épaules

 

 

Chaque déferlement précise

la pensée du geste

 

 

 

On n'est pas sorti de la nuit

 

 

 

 

 

 

Janvier 2015

 

 

 

 

***

 

La vie est une blessure limpide. Amnésique poème.

 

Ah ! Réunir le monde dans un grand éclat d'être !

 

Et entendre Dieu dans les commissures des lèvres des femmes !

 

Je ne sais quel poème peut être l'étoile de ma vie. 

 

 

Mots comme sortis du jour, mots qu'on balance dans l'arc des algorithmes . Le chant est le pont des esprits, la lueur vacillante des lunes.

 

 

 

Mots qui tétanisent les gestes et enrobent les parfums.

 

 

Mais la tristesse est toujours sœur des précipices.

 

 

La poésie fait le procès de la poésie. Langue des pierres, eau des tumultes, soleil de nacre, et serpent du miroir.  Dans le calendrier des rêves et des angoisses.

 

Présence de l'indicible.

 

Présence du monde. Connexions du sensible. Toutes les bites  et toutes les chattes  dans les caniveaux.

 

 

Hurler sa soif intrépide ! Chanter son ardeur de sexe griffu, ses mains turgescentes, ses pieds

fourbus.

 

Tout le sperme des désirs, éjaculé !

 

 

 

 

 

 

Mai 2015

 

 

***

 

Messe basse

uppercut

 

la basse

tonitruante

 

bile de joie

tonnerre

 

choisir le

bon son

 

la bonne

musique

 

tous les

miroirs

se valent

 

 

la carapace

du crabe

 

je suis né

deux fois

 

une fois

du ventre

de ma mère

 

une autre

fois

de l'HP

 

chante

le forçat

forcené

 

 

je suis mort

tant de fois

 

dit

le naufragé

involontaire

 

 

alors revient

la chanson

 

 

la basse continue

les paroles

on les oublie

toujours

 

 

seule compte

la mélodie

 

 

ma vie

est à laisser

 

 

ma mort

est à prendre

 

 

aimer

est une épidémie

 

 

mourir

un refuge

 

 

 

 

Mai 2016

 

 

 

 

ERIC DUBOIS 

 

 

 

( Un échantillon de poèmes parus initialement dans la revue littéraire en ligne La Cause Littéraire )

Commenter cet article