Les tribulations d'Éric Dubois. Journal de poésie.

QUESTIONS A ... WALTER RUHLMANN

31 Mai 2014, 15:22pm

Publié par ERIC DUBOIS

1) Comment avez-vous découvert la poésie et les poètes?

A l'école élémentaire avec Desnos, Prévert, tous ceux que l'Education nationale avait à son programme. Puis je suis tombé sur Les fleurs du mal qui ne m'ont jamais lâché. C'est un peu plus tard que les poètes de langue anglaise se sont révélés à moi et notamment Blake pour l'Angleterre et Whitman et Poe pour les Etats-Unis.

2) Quels poètes aimez-vous et pourquoi?

Je suis très attaché aux poètes du 19ème, Baudelaire, Poe et Whitman donc, mais aussi Rupert Brooke, Lawrence, Dickinson... Bien sûr les poètes contemporains sont tout autant de sources de bonheur à lire. Une révélation réelle, le mot est tellement galvaudé, fut, en licence d'anglais, le recueil Geography III de la poétesse canadienne Elizabeth Bishop. Une vraie claque.
Dans nos poètes de la presse indépendante, il y en a tellement qui me touchent partout dans le monde qu'il faudrait un blog complet pour les citer. Il va de soi que ceux que je publie dans mgversion2>datura ou au travers des éditions mgv2>publishing sont ceux qui me touchent -- traumatisent -- le plus.

La chanson populaire (anglophone) est aussi une source d'inspiration lorsque les textes valent leur pesant d'or, sans pour autant que ce ne soit que de la chanson à texte. D'où mon aversion pour la majorité des chanteurs à texte français.

3) Depuis quand écrivez-vous de la poésie?

1992, j'avais 18 ans, découvrais Tori Amos, Nirvana et tout ce qui m'a inspiré depuis lors.


4) Depuis quand publiez-vous de la poésie?

Mon premier poème publié c'était dans la revue de feu Frédéric Maire Press-Stances en 1995. Puis Libelle la même année. Ma première plaquette de poésie L'orchidée noctambule fut publiée par les éditions Press-Stances en 1996.


5) Comment définiriez-vous la poésie ?

Un collègue de lettres m'a dit l'an dernier que la poésie touchait au sacré; j'ai pensé aux poètes de notre génération et j'ai souri. La
poésie est pour moi un éveil non pas au monde, mais à un monde
intérieur, qui a d'ailleurs comme le monde réel différents continents et plusieurs types de paysage, chez moi plutôt sombres, anti-utopiques, et desquels nous arrivons à sortir des mots ou des images qui effraient, ahurissent, ébahissent, émeuvent, horripilent, amusent... ou laissent totalement froids (hélas!) les lecteurs.

 

WALTER RUHLMANN

****

Dépression tropicale *

 

Coupe-toi les cheveux

rase-toi la tête

charge ce pistolet

refais le lit où tu as dormi la nuit dernière

gonfle tes pensées de l'air chaud de cette île

pensée légères

pensées sombres

pensées solaires

pensées folles

pensées humides

rêves mouillés

trempant les draps du lit à quatre heures du matin.

 

Des corps en transe se balancent

leurs membres caressent ton cerveau.

Comme la princesse qui sentait le petit pois,

tu ne supportes pas le poids

d'une serviette humide sur ton torse.

 

 

WALTER RUHLMANN

 

* On peut retrouver ce poème dans la revue de poésie  Capital des Mots : http://www.le-capital-des-mots.fr/article-le-capital-des-mots-walter-ruhlmann-115888144.html

 

 

Plus d'infos :

http://www.le-capital-des-mots.fr/2014/05/le-capital-des-mots-walter-ruhlmann.html

 

****

 

Piqûre de rappel : Questions à ....

 

http://www.ericdubois.net/2014/05/piqure-de-rappel-questions-a.html

 

Commenter cet article